Les chromos

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Les « chromos »

Les « chromos » sont un procédé lithographique de reproduction en couleurs par impressions successives. Le mot savant, le mot véritable est chromolithographie.

Le procédé de l’impression en quadrichromie est connue à partir de milieu 18ème ; mais c’est bien plus tard, que le développement réel des chromos est apparu, presque un siècle plus tard, et cela grâce à l’essor de la publicité.

En effet, les premières cartes, ou « chromos », ont été publiées en 1872 par les grandes entreprises pour vanter les mérites de leur produit.

Il fallait comme toute bonne publicité, solliciter l’achat par un moyen autre que le besoin du produit.

Prenons par exemple le groupe  Liebig qui édite des petites cartes « offertes » pour l’achat des soupes. Voilà le début d’un  excellent support publicitaire :

– les commerçants offraient avec chaque achat d’une boite de soupe, un chromo sous forme d’image à collectionner.

Bien sûr c’était un excellent moyen d’inciter   le consommateur à commencer une collection. Car on se prenait vite au jeu: la passion de la découverte, la beauté des cartes, l’envie de la connaissance…. tout cela participait au besoin irrésistible d’accroître  sa collection…  d’avoir le chromo suivant, puis le suivant,  et compléter ainsi son carnet  que l’on pouvait également acquérir, et tout spécialement édité pour l’occasion !

Si le collectionneur possédait des chromos identiques, alors intervenait une autre partie amusante, l’échange, le troc. Trouver la ou les cartes manquantes !

Il interrogeait à droite à gauche, questionnait les voisins…. jusqu’à ce que l’échange adéquat puisse se faire.

D’autres marques très connues comme Poulain, la Chicorée, Blédine conscientes de leur intérêt se sont également lancées dans l’aventure.

Quel joli temps que cette époque, où on était à la recherche de son trésor : il fallait remplir son carnet absolument… et la carte manquant pouvait être chez le marchand ou tout simplement chez un ami ! alors il y avait discussion, échange, promesse ! Une sorte de piste au trésor bien agréable .

Où l’on voyageait grâce à ces belles images,  et où l’on apprenait grâce aux tableaux édités comme par exemple ceux sur l’exposition universelle de 1889 à Paris.

Puis d’images, ils sont devenus tableaux : dans beaucoup de foyers, on n’avait pas de quoi s’offrir de tableaux comme dans la riche bourgeoisie ou la noblesse…

Avec  les chromos, des tableaux de peintre comme Giuseppe Falchetti ou A.S. Sauvage, renommés dans le monde de la chromolithographie, « copiés » à l’infini permettaient de manière plus facile d’acquérir  « son tableau ». On pouvait par exemple se permettre d’acheter  l’Angelus de  Millet, les peintres de Barbizon étant en pleine vogue.

Les natures mortes, les paysages ont été souvent produits en chromo, puis les portraits et notamment les représentations religieuses.

Les chromos sont ensuite tombés dans l’oubli, trop populaires, pas assez modernes…

Mais ils reviennent en force, avec la décoration vintage et nordique.

Les chromos, avec leur charme désuet n’ont pas fini de nous séduire.

 

 

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